[Outil du mois #2] Des comptines anti-sexisme en langue inclusive

“Ne pleure par Jeannette”, “A la pêche aux moules”, “Il était un petit cordonnier”… De nombreuses comptines populaires diffusent des stéréotypes de genre et banalisent les violences sexistes et sexuelles. Comme je vous l’avait déjà proposé pour les albums jeunesse, partir à la chasse au sexisme dans les comptines que l’on chante avec les enfants est extrêmement pertinent. Après avoir repéré les paroles problématiques, on peut choisir de les modifier ou tout simplement de ne plus chanter cette comptine. Et puis bien sûr on peut partir en quête de nouvelles comptines, anti-sexistes et non-genrées, à ajouter à notre répertoire.

C’est dans cette optique que je vous présente ce mois-ci la très chouette chaîne YouTube de la compagnie des Chauves Souris.

S’initier au langage inclusif et questionner les normes de genre

Pendant le premier confinement, Eli de la Compagnie des Chauves Souris a enregistré et publié une série de comptines, toutes en douceur, principalement autour du thème des oiseaux. Vous trouverez d’abord quelques comptines et berceuses assez classiques sans stéréotypes telles que “Claque ton bec” ou “L’heure des chauves-souris”. D’autres abordent des sujets délicats, tels que l’acceptation de soi et des autres dans “Le corbeau et la colombe”. Mais dans cet article, je vais m’attarder sur celles qui permettent de déconstruire les stéréotypes et initier au langage inclusif.

D’abord, celle de “Camille, Myrtille et Talula” qui sont respectivement un-e enfant, une licorne et un oiseau, toustes non-binaires (“ni filles ni garçons”). Inclure des personnes non-binaires dans les histoires que nous comptons aux enfants est crucial. Cela permet aux enfants concerné-es de se sentir plus légitimes – donc mieux dans leurs peaux – et aux autres de développer leur ouverture d’esprit et leur empathie. Tout du long de la comptine, les 3 comparses vont dénoncer la fameuse règle du “masculin qui l’emporte” et les stéréotypes de genre tout en initiant les enfants de façon très simple et fluide au langage inclusif. Camille, Myrtille, Talula et leurs “copaines” se moquent des règles sexistes apprises à l’école et s’amusent à inventer des nouveaux mots qui incluent tout le monde : “iels”, “belleaux”, “chacune-cun”, “certaines-tains”… Et en profitent pour rappeler que les pantalons, les jupes, le maquillage ou le bricolage : c’est pour tout le monde !

S’habituer au langage inclusif et parler de la diversité des familles

Autre comptine, autre parti pris mais toujours un bel outil anti-sexiste : “Milo l’étourneau”. Cette fois-ci pas d’introduction à ce qu’est le langage inclusif mais il est tout naturellement utilisé dans les paroles, permettant d’habituer l’oreille des enfants (et des adultes !!) à ces nouveaux mots. Présentant la famille de Milo (tout de même composée de “15 parents, 12 tatas, 6 enfants et 3 grands-ma”), cette chanson peut également servir à parler avec les enfants de la grande diversité des familles, au-delà du modèle nucléaire traditionnel “une maman-un papa”.

En résumé, une belle chaîne à explorer pour des comptines non-stéréotypées ou anti-stéréotypes, prouvant (si cela était nécessaire) que le langage inclusif est fertile de nouvelles sonorités, surprenantes et poétiques à la fois, qui peuvent être comprises dès le plus jeune âge !

– Noémie